Registro contracultural
1) Piñera me empelota, Rocío Hormazabal, Registro Contra Cultural, Santiago, 19 octobre 2019..
Lien vers la publication originale : https://registrocontracultural.cl/pinera-me-empelota-rocio-hormazabal/
Caractérisation cinématographique de "Piñera me empelota"
Ce document vidéo, réalisé par Rocío Hormazábal en collaboration avec Zaida González et archivé par Registro Contracultural, est une pièce d'art-action vidéo qui utilise le langage cinématographique pour transformer la nudité en arme politique dans un contexte de manifestations urbaine.
1. Registre et Genre : L'Intervention de Choc
Le film se situe à la croisée de la performance corporelle et du cinéma de guérilla.
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Action Directe : L'acte de se dénuder intégralement face aux forces de l'ordre (Carabineros) et aux barricades n'est pas un simple happening esthétique, mais une confrontation physique. Le corps nu devient un bouclier symbolique et une provocation politique ("me empelota" signifiant à la fois "me met à poil" et "m'énerve").
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Urgence du Tournage : Le style de captation est brut, caméra portée ou smartphone, traduisant l'adrénaline et le danger de défier le couvre-feu ou la répression immédiate. Ce n'est pas une mise en scène studio, mais une image volée au chaos.
2. Cadrage et Corps Politique
La composition visuelle construit une opposition binaire puissante.
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Vulnérabilité vs Blindage : Le cadrage place le corps nu, blanc et "désarmé" de l'artiste en contraste direct avec les uniformes sombres, casqués et armés des policiers, ou avec la rudesse des barricades en feu. Cette juxtaposition souligne l'asymétrie de la force tout en inversant le rapport de peur : c'est le corps nu qui avance ou qui pose, défiant le regard blindé.
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Le Corps comme Pancarte : La nudité n'est pas érotisée mais instrumentalisée comme support de message. Le titre "Piñera me empelota" (écrit sur une banderole ou incarné par l'acte) transforme la peau en surface de protestation, rendant le corps lisible comme un texte politique.
3. Tonalité : Ironie et Catarsis
Le ton du film mêle l'humour noir à la solennité de la résistance.
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Jeu de Mots Visuel : Le titre joue sur le double sens ("m'énerve" / "me déshabille"), introduisant une dimension satirique face à la gravité de la répression.
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Catarsis Collective : En exposant ce qui est habituellement caché (la nudité) dans l'espace public interdit (la rue militarisée), le film offre une libération symbolique. Il brise les normes de la peur et de la bienséance, proposant une image de liberté radicale au milieu de l'état d'urgence.
En résumé
"Piñera me empelota" est une pièce audiovisuelle manifeste qui utilise la brièveté et l'impact visuel pour viraliser la dissidence. Le langage cinématographique y est réduit à son essence : montrer le corps insoumis face au pouvoir, sans filtre, faisant de l'image elle-même un acte de désobéissance civile.
Vidéo complémentaire :
2) Sin nombre, Desperformance, Registro Contra Cultural, Santiago, 24 octobre 2019.
Lien vers la publication originale : https://registrocontracultural.cl/desperformance-en-plaza-de-la-dignidad/
Caractérisation cinématographique de "Desperformance en Plaza de la Dignidad"
Ce document vidéo, issu de la plateforme Registro Contracultural, peut être caractérisé comme un cinéma d'archive performatif, où l'acte artistique et l'acte de filmer fusionnent pour documenter une "dés-monumentalisation" de l'espace public.
1. Registre et Dispositif : L'Anti-Monument
Le film ne se contente pas de montrer une performance, il participe à une opération de contre-mémoire.
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Performance In Situ : L'action se déroule sur la Plaza de la Dignidad (ex-Plaza Baquedano), lieu névralgique et symbolique de l'Estallido Social. Le film documente l'occupation de cet espace non par la foule, mais par des corps qui "dés-performent", c'est-à-dire qui déconstruisent les codes de la manifestation classique ou de l'héroïsme monumental.
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Esthétique de l'Archive Vivante : Contrairement au reportage TV qui cherche l'événement spectaculaire, la caméra de Registro Contracultural adopte une posture d'accompagnement. Elle archive la précarité et l'éphémère de l'action (corps nus, gestes rituels, interactions avec les ruines ou la police), soulignant que la véritable trace historique n'est pas le monument de pierre (Baquedano) mais le corps vivant qui le conteste.
2. Cadrage et Relation à l'Espace
La composition visuelle travaille sur la tension entre le corps vulnérable et l'architecture hostile.
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Échelle Humaine vs Monumentale : Le cadrage place souvent les performeurs en relation directe avec le socle vide, la statue contestée ou les débris urbains ("escombros"). Cela crée une dialectique visuelle : le corps nu ou costumé apparaît fragile face à la dureté de la pierre et du béton, mais puissant par sa capacité à resignifier ce vide.
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Le Hors-Champ de la Répression : Même si la police n'est pas toujours visible, sa présence est suggérée par le son (sirènes, cris) ou par la hâte des gestes. Le film cadre l'urgence de créer de l'art dans une zone de guerre latente.
3. Tonalité : Rituel de Guérison et de Résistance
Le ton du film oscille entre le rituel sacré et l'acte politique.
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Dimension Rituelle : Les gestes lents, l'usage de fluides, de tissus ou de la nudité renvoient à une tentative de "nettoyer" ou de "guérir" un espace traumatisé par la violence d'État. Le cinéma se fait ici témoin d'une cérémonie profane.repositorio.uchile+1
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Dimension Dissidente : En mettant en scène des corps souvent marginalisés (dissidences sexuelles, corps non-conformes) au centre de la place publique, le film affirme une politique de la présence. Il dit : "nous sommes ici, et notre fragilité est notre arme".
En résumé
"Desperformance en Plaza de la Dignidad" utilise le langage cinématographique pour transformer une action éphémère en document historique. C'est un cinéma qui refuse la narration linéaire pour privilégier l'expérience sensorielle et politique de l'occupation de l'espace. Il ne raconte pas l'histoire de la révolte, il en montre l'intimité et la dimension symbolique, où le corps devient le seul monument légitime face à un pouvoir en ruines.
3) La revuelta de los sin monedas, Cultura Errática, Registro Contra Cultural, Santiago, 29 octobre 2019.
Lien vers la publication originale : https://registrocontracultural.cl/por-el-derecho-al-anonimato/
4) Libertarie, Colectivo Maygara, Registro Contra Cultural, Santiago, 29 octobre 2019.
Lien vers la publication originale : https://registrocontracultural.cl/libertarie/
Caractérisation cinématographique de "Libertarie"
Ce document vidéo, réalisé par Registro Contracultural (notamment Camila Garretón), est une vidéo-performance allégorique qui réinterprète le monument classique de la victoire ou de la liberté (comme la Victoire de Samothrace ou la Marianne) pour en faire une figure de deuil et de résistance mutilée. C'est un cinéma de l'immobilité sculpturale, où le corps vivant devient une statue de chair au milieu du chaos urbain.
1. Registre et Genre : L'Allégorie Vivante
Le film s'inscrit dans un registre de tableau vivant politique.
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Référence Iconographique : La performance met en scène une figure féminine (souvent torse nu, voilée ou peinte) qui évoque les grandes allégories de la Liberté ou de la République, mais abîmées. Le titre "Libertarie" (libertaire au féminin/inclusif) suggère une réappropriation anarchiste et féministe de ces symboles nationaux.
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Corps-Monument : Contrairement aux performances de mouvement, ici l'action réside dans la pose statique ou ralentie. Le corps se fige pour devenir un contre-monument, occupant souvent un socle vide ou une zone de ruine (la "zone zéro" de la manifestation), remplaçant les statues coloniales renversées par une présence humaine vulnérable.
2. Cadrage et Symbolisme
La composition visuelle travaille sur la solitude de la figure centrale face à la foule ou au vide.
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Isolement dans le Cadre : La caméra tend à isoler la performeuse, créant une bulle de silence visuel autour d'elle, même si l'arrière-plan peut être agité. Cela renforce son statut d'apparition quasi mythologique.
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Attributs du Sacrifice : Les éléments visuels (peinture rouge sang, bandages, voile noir ou blanc, parfois une arme factice ou un drapeau déchiré) sont cadrés de manière insistante. Ces attributs transforment la "Liberté" triomphante en une figure sacrificielle, portant sur sa peau les stigmates de la répression (yeux bandés, sang).
3. Tonalité : Solennité et Résilience
Le ton est grave et spectral.
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Fantôme de la République : La performance ne cherche pas l'affrontement direct mais la hantise. Elle apparaît comme le spectre de ce que la démocratie a promis et trahi. La lenteur des gestes ou l'immobilité contrastent avec la vitesse de l'émeute, imposant un temps de recueillement.
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Énergie Archétypale : Le film capte une énergie symbolique dense, liée à la guerre et à la mort, mais aussi à la persistance. La figure de "Libertarie" est celle qui reste debout malgré les blessures, une image de résilience muette qui interpelle le spectateur par sa seule présence.
En résumé
"Libertarie" est un une pièce audiovisuelle monumental qui utilise le langage cinématographique pour ériger un autel éphémère. Il fige le temps de la révolte pour en extraire une image sacrée et profane à la fois : celle d'une liberté qui saigne mais qui ne cède pas sa place.
5) Duerme tranquila, Valentina Inostroza, Registro Contra Cultural, Santiago, 31 octobre 2019.
Lien vers la publication originale : https://registrocontracultural.cl/duerme-tranquila-valentina-inostroza/
6) La playa del lumpen, Compañia de teatro Vacila tu hilacha, Registro Contra Cultural, 38'', Santiago, 08 novembre 2019.
Lien vers la publication originale :https://registrocontracultural.cl/la-playa-del-lumpen/
Caractérisation cinématographique de "La playa del lumpen"
Ce document vidéo, issu de Registro Contracultural et documentant l'action de la Cía. de teatro Vacila tu hilacha, est une satire situationniste qui utilise le langage cinématographique pour transformer le théâtre de rue en une carte postale ironique de la "normalité" chilienne post-estallido.
1. Registre et Genre : L'Ironie Performative
Le film s'inscrit dans un registre d'agit-prop satirique.
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Contraste Situationnel : L'action se déroule devant les Tribunaux de Justice de Concepción, un lieu de pouvoir et de sérieux, transformé par les performeurs en "plage" improvisée. Le titre "La playa del lumpen" (la plage de la racaille/du prolétariat déclassé) renvoie ironiquement aux discours criminalisant les manifestants ("lumpen") tout en se moquant des appels gouvernementaux à revenir à la "normalité" ou à profiter des vacances malgré la crise sociale.
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Performance du "Rien" : Contrairement aux performances héroïques, ici l'action consiste à ne rien faire : bronzer, boire, se détendre en maillot de bain sur le bitume. C'est une résistance par l'absurde, qui rend visible l'impossibilité de la normalité dans un pays en feu.
2. Cadrage et Mise en Scène du Décalage
La caméra capture l'incongruité de la scène par des choix visuels simples mais efficaces.
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Plan d'Ensemble Révélateur : Les plans larges situent les corps dénudés et détendus (parasols, serviettes) au milieu de l'architecture austère et du flux urbain agité. Ce décalage d'échelle et de costume (maillot de bain vs tenue de ville/uniforme) crée l'effet comique et critique.
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Détails du Kitsch : La caméra s'attarde probablement sur les accessoires de plage bon marché (lunettes de soleil, glacières, crème solaire), soulignant l'artificialité de cette "plage". Ces objets deviennent des signes d'une société de consommation qui tente de nier la réalité politique.
3. Tonalité : Humour Grinçant et Critique Sociale
Le ton est faussement léger et profondément cynique.
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Le "Team Normalidad" : En jouant les vacanciers insouciants ("Team Normalidad"), les performeurs parodient l'indifférence des élites ou le désir d'oubli d'une partie de la société. Le film capte ce malaise : rire de voir des gens en maillot de bain en pleine ville, mais comprendre que cette image est le miroir déformant d'un pays qui refuse de voir ses morts.
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Provocation par le Loisir : Occuper l'espace public non pas par la barricade mais par le loisir forcé est une stratégie de détournement. Le film documente comment le corps "improductif" (celui qui bronze) devient un obstacle politique aussi gênant que celui qui lance des pierres.
En résumé
"La playa del lumpen" est une pièce audiovisuelle de guérilla humoristique. Il utilise le langage cinématographique pour figer une blague politique en image persistante : celle d'une plage impossible sur les pavés de la justice, rappelant que sous le sable (ou le bitume), il n'y a pas la plage, mais la lutte des classes.
7) Somos del débil el protector, Margarita Carrasco, Registro Contra Cultural, Valdivia , 17 novembre 2019.
Lien vers la publication originale : https://registrocontracultural.cl/somos-del-debil-el-protector-valentina-inostroza/
8) Pataleta, Francis Bustamante, Registro Contra Cultural, 5'09'', Santiago, 08 novembre 2019.
Lien vers la publication originale : https://registrocontracultural.cl/pataleta/
9) Derrame, Colectivo Gata Engrifá, Colectivo Registro Callejero, 4'05'', Santiago, 21 novembre 2019.
Lien vers la publication originale : https://registrocontracultural.cl/derrame-gata-engrifa/
Caractérisation cinématographique de "Derrame"
Ce document vidéo, issu de Registro Contracultural et documentant l'action du Colectivo Gata Engrifá (notamment avec Teresa Valdés), est une vidéo-performance viscérale qui transforme l'espace public en corps blessé. C'est un cinéma de la souillure volontaire, où le fluide (le sang, le rouge) devient le principal acteur narratif.ignacio-becerra+1
1. Registre et Genre : L'Esthétique de la Plaie
Le film s'inscrit dans un registre d'art-action dramatique et de rituel de deuil.
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Action In Situ : La performance se déroule dans la fontaine du Parque Almagro (Santiago), un lieu public transformé en théâtre de la douleur. L'acte central est le "déversement" (derrame) de liquide rouge, métaphore immédiate du sang versé, des blessures oculaires (hémorragie sous-conjonctivale) et de la violence systémique de l'estallido.
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Dramaturgie du Fluide : Contrairement à une performance statique, le film capte un processus : l'eau qui se teinte, les corps qui s'immergent et se marquent. Le cinéma documente ici une contamination visuelle : le rouge envahit le gris de la ville.
2. Cadrage et Composition
La caméra travaille à la fois l'échelle du monument et l'intimité de la tache.
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Contraste Chromatique : La composition est dominée par le rouge vif qui tranche sur le béton ou la pierre de la fontaine. Ce contraste violent guide l'œil et transforme le paysage urbain en scène de crime ou en viscère ouverte.
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Corps-Pinceau : Les performeuses ne sont pas seulement des actrices, elles sont des outils qui peignent l'espace avec leur corps. La caméra suit leurs mouvements (immersion, aspersion) qui "activent" la métaphore du sang, créant des plans où l'humain et le liquide fusionnent.diseno.
3. Tonalité : Douleur et Dénonciation Poétique
Le ton est solennel et tragique.
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Mémoire des Corps : En évoquant les blessures oculaires (un thème majeur de la répression de 2019) à travers la métaphore de l'œil ensanglanté ou de la "mancha roja", le film dépasse le simple constat pour toucher à l'horreur poétique.
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Féminisme Viscéral : Le collectif Gata Engrifá (nom évoquant une chatte hérissée, prête à l'attaque) ancre la résistance dans une physicalité agressive et vulnérable à la fois. Le "derrame" n'est pas passif, c'est un débordement qui refuse d'être contenu, une hémorragie qui accuse.
En résumé
"Derrame" est un film-poème sanglant qui utilise la performance pour rendre visible l'invisible : la douleur qui circule dans les veines de la ville. Le langage cinématographique sert ici à amplifier la tache, forçant le spectateur à regarder la blessure collective en face, dans toute sa saturation chromatique et émotionnelle.
10) La expiración, Justicia y resistencia Butoh, Colectivo Registro Callejero, 6'46'', Santiago, 21 novembre 2019.
Lien vers la publication originale : https://registrocontracultural.cl/justicia-y-resistencia-butoh-la-extirpacion/
11) Si ustedes nos apuñalan, nosotras cortamos cabezas, Registro Contra Cultural, 17'08'', Santiago, 22 novembre 2019.
Lien vers la publication originale : https://registrocontracultural.cl/si-ustedes-nos-apunalan-nosotrxs-cortamos-cabezas
Acción convocada por Colectivo Maygara en conjunto con Colectivo Contacto Revolución, Vanessa Flores, Experta Mentirosa, Dadalú, entre otres... Realizada el 22 de Noviembre del 2019 en el centro de Santiago, Chile.
12) Por un verano sin Piñera, Rocío Hormazabal, Andrés Valenzuela, Registro Contra Cultural, 4'55'', Santiago, 25 novembre 2019.
13) El que no salta es paco, Francis Bustamante, Registro Contra Cultural, 9'55'', Santiago, 28 novembre 2019.
14) O el asilo contra la opresión, Jazmin Ra, Registro Contra Cultural, 15'53'', Santiago, 14 décembre 2019.
Lien vers la publication originale : https://registrocontracultural.cl/o-el-asilo-contra-la-opresion/
15) Falo x Falo, Jazmin Ra, Registro Contra Cultural, 2'43'', Santiago, 19 décembre 2019.
Lien vers la publication originale : https://registrocontracultural.cl/falo-x-falo-el-estado-de-chile/?bpage=3600
« Falo x Falo – El Estado de Chile nos viola y nos mata » est un film‑performance de 2'43'' qui met en scène, dans un plan quasi‑tableau, un corps féminin placé au centre d'un dispositif mortifère, comme une image fixe qui respire. L'œuvre se situe entre cinéma de performance et image de dénonciation forensique : elle montre, sans détour, la sexualisation de la violence d'État.
Dispositif et cadrage
Le film repose sur un dispositif frontal : Jazmín Ra, assise ou accroupie, jambes ouvertes, un fusil braqué entre ses cuisses vers le haut, le corps tenu en joue par l'arme elle‑même. Le plan, généralement fixe , cadre en plan moyen ou américain, de façon à inclure simultanément le visage encapuchonné, le torse, le bas du corps et le canon de l'arme, transformant la performeuse en figure iconique.
La composition exploite fortement l'axe vertical : du sol (le bas corporel, le sexe) monte le fusil, en direction du haut du cadre, tandis que la tête encapuchonnée porte l'écusson de l'État chilien. Cette verticalité phallique encadrée par le corps fait du plan un diagramme visuel de l'emprise étatique sur la sexualité et la vie des femmes.
Corps, symbole et iconographie
Le corps de la performeuse est traité comme surface de projection politique :
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Capuche sur la tête, référant à la détention illégale, aux enlèvements et à la torture, hérités de la dictature et réactivés pendant l'estallido.repositorio.
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Écusson ou symbole national sur le front, collant littéralement l'État à la violence exercée sur ce corps.
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Arme de guerre entre les jambes, dont le canon remplace le phallus : le film matérialise le slogan « l'État nous viole et nous tue » en équivalant violence sexuelle et violence armée.
L'ensemble produit une image‑symbole très construite, proche de l'icône religieuse inversée : au lieu d'une Vierge, un corps menacé ; au lieu d'un sceptre, un fusil ; au lieu d'un auréole, un emblème national.
Temporalité, son et tension
La durée de la performance est filmée en temps quasi réel, sans découpage narratif classique : la tension vient du fait que le canon est armé, prêt à tirer si le corps bouge. La temporalité est celle de l'attente suspendue, du risque permanent ; le plan devient un piège, où chaque seconde pourrait être la dernière.
Le son demeure principalement diégétique (bruits d'ambiance, rumeur urbaine, éventuels commentaires ou cris), sans musique illustrative, ce qui renforce le caractère brut et insoutenable de la situation. Le silence relatif autour de ce corps tenu en joue accentue la sensation d'étouffement : le spectateur est forcé de contempler la scène jusqu'au bout, comme un témoignage.
En somme, le film utilise un dispositif minimal (un plan, un corps, une arme, un emblème) pour créer une image‑événement d'une puissance extrême, où le langage cinématographique – fixité, frontalité, durée, son direct – sert à rendre visible la continuité entre violence sexuelle, violence policière et violence d'État au Chili.
La caméra et les plans sont utilisés pour transformer la performance en image‑icône, avec très peu de moyens mais une forte charge symbolique.
Types de plans et composition
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Le film privilégie le plan moyen / plan américain, cadrant simultanément la tête encapuchonnée, le torse, le bassin et le fusil entre les jambes, de façon à rendre lisible en un seul coup d'œil le dispositif "État–arme–corps".
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De légers ajustements de cadre ou variations d'échelle (micro‑recadrages, éventuels plans un peu plus serrés) servent à accentuer certains éléments – emblème, canon, tension du corps – sans jamais rompre l'unité du tableau.
Plusieurs symboles reviennent et se combinent pour faire de la performance une allégorie condensée de la violence d'État patriarcale.
Corps, État et phallus
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Le fusil entre les jambes, pointé vers le haut, fonctionne comme un phallus d'État : il symbolise à la fois la menace de mort et la violence sexuelle (le viol comme arme politique).
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La capuche sur la tête renvoie aux enlèvements, à la torture et aux détentions illégales, en continuité avec les pratiques de la dictature et leur réactivation pendant l'estallido.
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L'écusson ou blason de l'État chilien sur le front inscrit littéralement le pouvoir national sur le corps : c'est l'État, nommé et montré, qui occupe la place de l'agresseur.
Victime et monument
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La position au centre d'un espace monumental (place, socle, monument national) transforme la performeuse en anti‑statue : au lieu d'un héros, un corps vulnérable menacé, révélant qui paie le prix de la nation.
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La fixité presque sculpturale de la pose (jambes ouvertes, arme prête à tirer) répète ce symbole tout au long de la performance, faisant de cette image unique un motif obsédant : l'État phallique braqué sur les corps féminins et dissidents.
La palette de couleurs est réduite et saturée de sens, construisant un effet narratif binaire entre violence et deuil.
Couleurs dominantes
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Le noir, omniprésent (capuche, arme, vêtements possibles), évoque la mort, l'anonymat de la répression et le deuil politique.
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Le rouge, visible sur l'écusson national (bleu-blanc-rouge), sur d'éventuels éléments vestimentaires ou suggéré par la chair, symbolise le sang versé, la violence physique et l'urgence.repositorio.uchile+1
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Le gris / pierre / béton de l'environnement (socle, sol, monument) inscrit la scène dans une froideur institutionnelle, qui contraste avec la vulnérabilité du corps vivant.
Effet narratif
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Cette trichromie (noir-rouge-gris) produit une ambiance funèbre et institutionnelle : elle raconte visuellement que le corps n'est pas là pour vivre, mais pour être sacrifié au nom de l'État (gris/rouge) et disparaître dans l'anonymat (noir).
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L'absence de couleurs vives ou "organiques" renforce la sensation d'une machine de mort étatique, où le seul élément humain (la peau) semble assiégé par des teintes métalliques et mortifères.
16) Vulvas acapella, La Diosa obscena, Registro Contra Cultural, 2'17'', Santiago, 24 décembre 2019.
Lien vers la publication originale : https://registrocontracultural.cl/falo-x-falo-el-estado-de-chile/?bpage=3600
17) Pronto comunicado #yeguadalatinoamericana, Registro Contra Cultural, Santiago, 8 décembre 2019.
Lien vers la publication originale : https://www.facebook.com/registrocontracultural/videos/2714166931985822
18) Vídeo resumen del primer día de encuentro en @fae_festival, Registro Contra Cultural, Santiago, 17 décembre 2019.
Lien vers la publication originale : https://www.facebook.com/registrocontracultural/videos/1952272118252980
Vídeo resumen del primer día de encuentro en @fae_festival, un espacio seguro de resistencia para cuerpas disidentes donde reflexionamos acerca de las "fronteras y tránsitos corporales". Nuevamente muchas gracias por la invitación y excelente acogida a nuestro proyecto @registrocontracultural<br>
19) Resumen adelanto del segundo día y final de @fae_festival, Registro Contra Cultural, Santiago, 17 décembre 2019.
Lien publication originel: https://www.facebook.com/registrocontracultural/videos/463702974526861
Resumen adelanto del segundo día y final de @fae_festival. En su sexto año, este encuentro de diversidad y contracultura se sintió íntimo pero explosivo, una catarsis colectiva, afectiva y política, donde nos abrazamos, reflexionamos y danzamos por la revolución de todas las cuerpas que hoy más que nunca intentan reprimir, pero la disidencia sudaca resiste unida!
20) La Diosa Obscena / Vulvas Acapella, Registro Contra Cultural, Santiago, 25 décembre 2019.
"Vulvas Acapella" (Santiago, 24-12-2019) es la primera acción de colectiva La Diosa Obscena, villancico feminista para que en estas fiestas sigamos resistiendo, la comunidad artística no baja los brazos! Les compartimos este resumen que editamos en tiempo récord con mucho amor de regalo para ustedes en esta noche buena.<br>
« Vulvas acapella » est un court film‑performance qui détourne le format du clip musical pour en faire un villancico féministe filmé, où le chant a cappella et la mise en scène des corps construisent une contre‑liturgie transféministe en pleine post‑estallido. L'œuvre fait du cadre vidéo un chœur de vulves et de voix dissidentes, opposé à la fois au patriarcat, à l'Église et à l'État.
Dispositif et cadrage
Le film repose sur une disposition frontale quasi chorale : plusieurs corps, souvent cadrés en plan moyen ou américain, se présentent face à la caméra comme un ensemble vocal, mais substituent aux codes du chœur religieux ceux d'une sororité irrévérencieuse. Le cadrage, stable ou légèrement mobile, organise l'espace en tableau collectif, donnant autant d'importance aux visages qu'aux gestes, aux vêtements, aux signes vulvaires et aux accessoires, qui deviennent tous des éléments de signification politique.
Son, rythme et performance vocale
La bande‑son est construite autour d'un chant a cappella, relecture parodique d'un villancico populaire, dont les paroles sont réécrites en clé vulvaire et féministe. Le montage épouse la structure musicale : plans tenus pendant les couplets, accentuation visuelle sur certains mots, éventuels changements de point de vue lors de refrains ou de gestes collectifs, ce qui fait du film un objet où le rythme vocal mène le découpage.
Iconographie et ton
La palette iconographique mobilise des références festives et profanes (noël, fêtes de fin d'année) pour les retourner en célébration des vulves : couleurs vives, accessoires ironiques, possible présence de lumières, maquillages ou insignes qui sexualisent et sacralisent à la fois le bas du corps. Le ton oscille entre humour potache, provocation obscène et déclaration politique sérieuse : la frontalité des paroles et la joie performative des interprètes construisent une image de résistance par le plaisir, où la vulve chantée et mise en scène devient centre symbolique du monde, en lieu et place du dieu patriarcal.
Les motifs visuels récurrents organisent la vidéo comme un véritable « tableau vulvaire » chantant, où chaque élément renforce la dimension transféministe et parodique du villancico.
Corps, visages et vulves mises en avant
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Répétition de plans frontaux de corps et de visages réunis en chœur, construisant une image de collectif plutôt que d'individu isolé.
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Présence insistante de motifs vulvaires (dessins, broderies, accessoires, gestes vers le pubis) qui encadrent le chant et matérialisent le sujet de la chanson : la vulve comme centre symbolique et politique.
Codes festifs détournés
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Réutilisation de signes visuels de fête ou de Noël (couleurs vives, éléments de costume, esthétique de villancico) pour les retourner vers une iconographie obscène et joyeusement subversive.instagram+1
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Récurrence de gestes chorégraphiés (mouvements synchrones, gestes vers le bas du corps, regards caméra) qui relient directement ce que l'on voit aux paroles du chant, renforçant l'effet de clip militant.
Dans la vidéo, plusieurs symboles sexuels reviennent de manière insistante, presque tous centrés sur la vulve et la sexualité féminine.
Principaux symboles sexuels
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Vulves stylisées (dessinées, brodées, imprimées sur tissus ou accessoires), présentes à plusieurs reprises comme motif graphique central autour des interprètes.
Gestes vers le pubis (mains qui encadrent, pointent ou désignent le bas du corps) accompagnant des moments clés du chant, répétés à chaque refrain.
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Gestes vers le pubis (mains qui encadrent, pointent ou désignent le bas du corps) accompagnant des moments clés du chant, répétés à chaque refrain.
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Couleurs et formes évoquant l'imaginaire vulvaire (rose, rouge, formes ovales ou ouvertes) dans les costumes, maquillages ou éléments décoratifs, visibles dans la majorité des plans du chœur.wikipedia+1
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Références verbales explicites à la vulve et à la sexualité dans les paroles du villancico, qui reviennent de manière cyclique à chaque couplet et refrain.
Plusieurs choix de mise en scène inscrivent la vidéo dans une esthétique du grotesque érotique, au sens transféministe du terme : mélange du bas corporel, de l'excès, du carnaval et du sacré parodié.
Exagération et sur-visibilisation du sexe
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Sur‑insistance visuelle sur la vulve : motifs vulvaires répétés, gestes appuyés vers le pubis, formes, couleurs et accessoires qui grossissent et stylisent cet organe jusqu'à la caricature, produisant un effet d'excès volontaire.
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Cette exagération renvoie au grotesque carnavalesque décrit par Bajtin : ce qui est habituellement caché, "bas", intime, est placé au centre du cadre et de la fête, renversant les hiérarchies entre haut/bas, pur/obscène.
Hybridation du sacré et de l'obscène
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Détournement du villancico et des codes festifs religieux (chant choral, tonalité de Noël) pour célébrer la vulve et la sexualité au lieu d'un enfant‑dieu, créant un choc comique et blasphématoire typiquement grotesque.
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Costumes, accessoires et tonalité joyeuse combinent imagerie "mignonne"/festive et contenu sexuel explicite, produisant une friction entre l'innocent et l'indécent qui déstabilise les normes morales et esthétiques.
Corps collectifs et joyeusement "inconvenants"
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La mise en scène de corps en chœur, riants, bruyants, jouant avec leur propre obscénité, s'oppose au corps féminin discipliné et "pudique".
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Ce rire sur/avec la vulve – plutôt que malgré elle – est au cœur du grotesque transféministe : il tourne en dérision le regard patriarcal, en exhibant ce qui devait rester honteux et en le chargeant d'une énergie carnavalesque et politique.
Dans la vidéo, les éléments décoratifs suivent une logique très codée, à la fois florale, géométrique et chromatique.
Motifs floraux et formes géométriques
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Motifs floraux stylisés qui doublent souvent l'imaginaire vulvaire : pétales, formes en corolle, fleurs ouvertes imprimées ou cousues sur tissus, accessoires ou décors.
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Formes ovales, triangulaires et en losange, fréquemment utilisées pour schématiser la vulve (ovale ouvert, triangle pubien, losange central), répétées sur vêtements, broderies ou éléments graphiques.
Couleurs dominantes
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Palette centrée sur des tons roses, rouges et violets, associés à la chair, au sang, à l'érotisme et à l'esthétique vulvaire dans l'histoire de l'art.
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Présence de blancs et dorés liés à l'imaginaire festif/religieux (villancico, Noël), qui contrastent avec les couleurs "charnelles" et renforcent le détournement sacré/obscène.
21) Insectaria en Peste, Registro Contra Cultural, Santiago, 27 décembre 2019.
Lien publication originel : https://www.facebook.com/registrocontracultural/videos/450440655648583
INSECTARIA EN PESTE (03-10-2019) es una intervencion-performática que se realizó bajo el marco del mes contra la violencia que celebraron los Artistas Barrio Yungay. Conjunto de acciones que activan la metáfora del virus, la peste, la transfusión, lo distinto, bicho raro, alienígena, transespecie... Imaginarios injuriosos que los discursos normativos, xenofóbicos, capacitistas y medicalizantes del poder ejercen con violencia sobre los cuerpos sufrientes, en opresión y marginación social, evidenciando el atropello a los derechos, la vulneración y discriminación que viven miles en Chile.
Performers: Camilo Saavedra Rojas, Miranda

22) Primer Encuentro Acción Disidente FAE, Registro Contra Cultural, Santiago, 30 janvier, Valparaíso 2020.
Lien de la publication originel : https://www.facebook.com/registrocontracultural/videos/544717936389475
Resumen del Encuentro Disidente FAE, realizado en Maestranza Barón, Valparaíso, el 25 de Enero del 2020. Convocado por la Equipa FAE Festival en alianza con Trenzando
Con: Anna Balmánica, Irina la loca, Dania Neko, Ártica y las Magnéticas, Prostíbulo Poético Valparaíso., Ninnnx brille, CARU Garzón Stand Up, Dj Re Parra, Jazmín ra, Tinta Negra Teatro, Rucitama, entre otres...
Registro: Andrés Valenzuela Arellano, Dinko Covacevich
23) Memorial / Por Cheril Linett, Registro Contra Cultural, Santiago, 2 mars 2020.
Lien de la publication originel : https://www.facebook.com/registrocontracultural/videos/1377411075797407
Para este #8M como Registro Contracultural fuimos invitades a esta hermosa travesía que fue registrada en varias jornadas y diversos lugares de la zona central...
24) Irina La Loca en Encuentro FAE Valparaíso, Registro Contra Cultural, Santiago, 20 mars 2020.
Lien de la publication originel : https://www.facebook.com/registrocontracultural/videos/2795109350542800
Les compartimos este mensaje de amor que Irina la loca nos entregó en el encuentro Disidente del Festival de Arte Erótico FAE en Valparaíso el 25 de Enero del 2020. Y en estos días de cuarentena, te invitamos a visitar nuestro canal de Vimeo donde encontrarás más de 60 de nuestros registros de performance y contracultura, libres para estimular la mente, disfrutar y compartir sin censura.
25) Registro Contracultural del Estallido Social Chileno, Registro Contra Cultural, Santiago, 20 mars 2020.
Lien de la publication originel : https://www.facebook.com/registrocontracultural/videos/1423581291148768
Mini resumen del estallido social Chileno (en orden cronológico) para recordar que en estos días de cuarentena puedes visitar nuestro canal de Vimeo donde encontrarás, además de este video en extenso, más de 60 de nuestros registros de performance y contracultura, libres para estimular la mente, disfrutar y compartir sin censura
26) Delito, Colectiva Furia Marika, Registro Contra Cultural, Santiago, 25 mars 2020.
Lien de la publication originel : https://www.facebook.com/registrocontracultural/videos/284890672509823
DELITO, intervención callejera por #ColectivaFuriaMarika, registrada el #8M 2020 en la ciudad de Santiago, Chile, calles Paris/Londres, durante la Feria de Artes Gráfikas Kontrabando
Registro: Andrés Valenzuela Arellano y Dinko Covacevich
Canción: Delito - Dione Restrepo

27) Olvidar es violento, Registro Contra Cultural, Santiago, 26 mars 2020.
Lien de la publication originel : https://www.facebook.com/registrocontracultural/videos/574637333397176
Performance creada por Belén Alfaro que denuncia y visibiliza los casos de femicidio en Chile. Realizada en El Paseo Ahumada, Santiago.
28) Limpia, Marce Maga, Registro Contra Cultural, Santiago, 5 août 2020.
Lien de la publication originel : https://www.facebook.com/registrocontracultural/videos/295862598509091
"Mi patria está sin nombre, sin tachas
hay una verdad en la subversión
que nos devolverá nuestra pureza escarnecida.
Y si debiera equivocarme, eso nada cambiaría
hacer reventar los sistemas es el único juego aceptable,
el movimiento es la única manera de permanecer vivos"
(Fragmento del poema "Quién soy yo" del chileno Juan Luis Martínez).
Voz y performance: Marcela Maga Inostroza
Estas imágenes son un extracto de la participación de la activista, bailarina y gestora cultural Marcela Maga en la LIMPIA convocada por sexoquimico.producciones el 08.01.2020 en las afueras de Centro Arte Alameda que fue completamente incendiado por una lacrimógena. Tras esta acción de arte se viralizan registros que hoy constituyen parte de un proceso querellante contra la artista por ofensas al símbolo patrio, acusándola a ella y su performance de "alterar el orden público". En nuestro archivo estas imágenes se habían censurado para proteger la integridad de la artista, ya que se habían publicado sus datos personales y recibió diversas amenazas tanto ella como su familia. Pero hoy ya no hay miedo y nos ha autorizado a volver a publicarlas.
Registro y edición: Andrés Valenzuela Arellano para Registro Contracultural
29) Ayekantun, Registro Contra Cultural, Santiago, 27 septembre 2020.
Lien de la publication originel : https://www.facebook.com/registrocontracultural/videos/407526633647627
Ayekantun convocado por el Frente de Artistas Mapuche el 14 de noviembre del 2020 en conmemoración del asesinato del weichafe Camilo Catrillanca.
Registro por Andrés Valenzuela y Dinko Covacevich
30) Guerrilla Marika, Registro Contra Cultural, Santiago, 20 juin 2021
Lien de la publication originel : https://www.facebook.com/registrocontracultural/videos/512978769909804












